Voilà bien des jours que Ruh fouillent les champs
En quête du Valdencia.
Rien, rien de rien depuis le temps,
La patience dégringole comme une mort florale.
Il se tient devant le miroir,
Main sur le visage.
Le bruit blanc du désespoir,
Nulle sortie visible au large.
Habib vient avec un petit sourire triste,
Mais Ruh l'ignore et sort.
L'atmosphère venait de changer, un souffle de vie
Venait de brasser l'air avec le blé donnant au vent des pétales d'or.
Ses pas tanguent comme s'il était sur un bateau,
Les pensées s'abattent par vagues sur son cerveau.
Et dans les épis de blé,
Se trouvaient deux mains de femme plantées,
Tenant un bébé.
Le Vieux Gardien était arrivé.
Ruh se met légèrement en retrait,
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Le nourrisson nu pose ses yeux noirs sur lui.
- Est-ce que cela va suffire ?
- Qu'es-tu, demande l'homme.
- Penses-tu qu'ainsi t'apitoyant deux-trois minutes sur ton sort ?
L'enfant ne complète pas sa question et laisse le vide.
- Qu'est-ce que tu es ?
- Je suis ici en ce temps,
L'identité d'un être ne sert pas à le décrire mais à le nommer seulement, et tu n'as pas besoin de me nommer si ce n'est Vieux Gardien, et pas autrement.
Or dans ton cas, cela va-t-il suffire ?
Doucement, le cou de l'enfant se déchire avec une légèreté vive.
Des poils en sortent lentement jusqu'à en faire un collier.
- te lamenter va-t-il suffire ?
S'excuser va-t-il suffire ?
Pleurer va-t-il suffire ?
Raconter va-t-il suffire ?
- Pour changer ? Oui.
Ruh, entre deux souffles, continue ;
Oui, pour changer, reconna?tre la nature de ce qu'on a fait et de ce qui est blamable suffi au moins à planter les graines de la rédemption.
C'est en me remettant en question que j'ai mu,
Que j'ai compris puis repris ma raison.
Une fois sorti, je m'infiltrerai dans les rangs la noblesse,
Deviendrai un marquis pour me rapprocher de Tarshkila,
Puis je l'assassinerai avant de le jeter dans l'ab?me de la tristesse,
Et des assassins direct de Léa et de mon frère, j'en ferais de même.
Des poils commencent à sortir de la muqueuse des yeux,
Et sur le visage du bébé, une crevasse se forme sur la joue la séparant en deux,
De la fourrure en jailli.
L'enfant souriant malgré l'humeur aqueuse dégoulinant sur ses poils,
Reprend, dans un rale exquis.
- Nous n'en avons rien à faire de tout cela.
Ce n'est pas un changement de moral qui va vaincre.
Cela ne SUFFIT pas.
Ruh tombe à genoux,
Des limaces poilues lui sortent du nez,
Il essaie de se moucher pour tous les sortir, mais ils sont une infinité.
Lorsque son nez s'en retrouve purgé de saleté, les limaces sortent couvertes de sang.
Le Vieux Gardien grandit doucement.
- Ta Haine Vengeresse, voilà l'unique chose qui t'a sauvé.
Ce n'est pas ta morale qui t'a donné la Danse Du Lion,
Ce n'est pas ta morale qui t'a fait vaincre Vinakari le traqueur sombre,
Ce n'est pas ta morale qui contre Jade et Lucie te fait le triomphe,
Et pas plus contre Tayn au plus profond des Tréfonds.
Tu n'es qu'une épée parmi les épées,
Alors sois la plus violente et sauvage.
Si la morale pouvait avoir raison de Tarshkila l'Exalté,
Alors il aurait perdu contre des sages.
Le Vieux Gardien était maintenant une créature bipède couverte de fourrures.
Au museau de chacal et membres crochus,
Le corps du bébé attaché par la gorge à son entre-jambe,
Les yeux blancs rivés sur Ruh
et figés dans le temps.
- Valdencia n'est point présent en cette existence.

